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Sous-utilisation de
la vaccination dans le District Sanitaire III de Niamey
MASSOUDOU Zeinabou |
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Contexte
Le Niger est un pays continental pauvre situé dans la partie ouest de
l'Afrique. Il a adopté la politique de
district en 1991. Actuellement on compte 42 districts sur tout le territoire.
Le District III est l'un des trois district sanitaires que compte la capitale
Niamey.
Ce district est situé derrière le fleuve Niger, il couvre une
population de 106 000 habitants.
Le district gère quatre types de structures de santé :
1)Trois" Centres de Santé Intégrés type I "
Ils disposent de deux lits d'observation et assurent diverses activités
:
2) Un "Centre de Santé Intégré de type II" qui est en fait un centre de santé intégré I avec en plus une maternité
3) L'hôpital de district avec les services de médecine, chirurgie,
maternité radiologie,échographie,laboratoire, et un service social.
Ces quatre centres de santé et l' hôpital sont des structures de
l' État Nigérien et donc publiques.
4) Le district assure la supervision de centres privés qui sont au nombre de douze parmi lesquels un seul est à but non lucratif crée par des missionnaires catholiques et qui assure les mêmesactivités que le centre de santé type I.
Parmi les onze autres qui sont à but lucratif , un seul intègre
des activités de vaccination.
Le district Niamey III est sous recouvrement de côuts depuis 1997, c'est
le premier district urbain fonctionnel du pays. Les populations participent
à la gestion des services à travers des comités de santé
et de gestion . Elles sont également trés impliquées dans
les activités de sensibilisation .
Depuis 1997 comme tous les autres districts celui de Niamey III organise chaque
année des journées nationales de vaccination contre la polio,
sous l'égide du Programme National de Vaccination (PEV), en vue de l'éradication
de cette maladie.
Les vaccinations de routine contre des maladies cibles du Pev (poliomyélite,
rougeole, méningite fièvre jaune, diphtérie, coqueluche,
tuberculose et tétanos) sont faites depuis plusieurs année dans
cinq centres de vaccination où les activités se font en fonction
des zones (densité de la population cible) au moins trois fois par semaine.
Les populations cibles sont les enfants de 0-56mois (22716 pour 2000) et les
femmes enceintes(1220 attendues pour 2000). Nous avons cinq centres de vaccination
et les activités se font en fonction des zones (densité de la
population cible) au moins trois fois par semaine.
Le PEV s'est fixé pour objectifs d'atteindre les couvertures suivantes
:
Le district se ravitaille en vaccins et autres matériels auprès du PEV.
Le problème qui se pose à notre équipe cadre est que nous
ne parvenons pas à atteindre ces objectifs. Malgré nos efforts,
nos services restent sous- utilisés. Ainsi, au cours de l'année
2000 nous avions enregistré comme résultats les couvertures suivantes,
avec fort peu de différence d'un centre à l'autre.Les populations-cibles
de nos différents centres de santé étant mal délimitées
(contexte urbain), nous préférons étudier nos chiffres
globalement.
Cette situation a pour conséquences :
A. Les déterminants du problème Arbre causal
I. FAIBLE COUVERTURE SANITAIRE
En effet le district sanitaire Niamey III est une entité semi-rurale
composée officiellement de dix quartiers et de seize hameaux et petits
villages.
Or, parmi ces quartiers, seuls cinq sont dotés de services de santé
(moins de 50%) .
La principale cause de cette faible couverture géographique est une insuffisance
de ressources liée à la situation économique difficile
du pays.
Parmi les cinq centres existants, trois ont été construits par
la coopération belge.
II. SOUS UTILISATION DES SERVICES DISPONIBLES
La deuxième cause de la faibls couverture vaccinale est la faible utilisation
des services existants; les facteurs en cause dépendent en partyie de
la population et en partie des prestataires de services
LA POPULATION
Les problèmes rencontrés à ce niveau s'expliquent par le
manque de connaissances, de capacité et de volonté des personnes
desservies
L'ignorance
Le district Niamey III étant dans une zone semi-rurale qui couvre des
villages et petits hameaux très distants les un des autres beaucoup de
mères ignorentencore qu'il est possible de prévenir certaines
maladies par la vaccination, car les services de santé planifient rarement
des activités de mobilisation sociale et uniquement dans les centres
fixes, à de mauvaises heures (la matinée : qui constitue le moment
de hautes occupations ménagères) et avec uin contenu surtout adapté
pour le milieu urbain.
Toujours par carence d'information à ce sujet, certaines mères
ne savent pas que la vaccination est gratuite surtout avec le système
de recouvrement des coûts.
Les capacités
Quelques fois les mères ne peuvent pas fréquenter ces centres
car ils sont très loin des habitations (plus de cinq kilomètres
à pied) avec très peu de moyens de communication ou à des
coûts trop élevés.
Dans certaines familles musulmanes intégristes les femmes ne doivent
pas sortir des maisons (claustration) elles ne peuvent donc pas fréquenter
les services de santé quelle que soit la raison et surtout si le centre
est tenu par un homme.
Souvent les femmes ne peuvent pas accéder aux séances de vaccination
car les jours et souvent même les horaires ne sont pas adaptés
parce que nous faisons nos vaccinations généralement le matin
et certains jours seulement , sans tenir compte que ces femmes doivent soit
aller au marché ou aux champs ou vaquer à dautres activités
pour assurer leur nourriture et autres besoins vitaux.
Les attitudes
Curieusement il y a parfois des mères qui connaissent limportance
de la vaccination, savent que le centre est à portée de main mais
ny vont pas car le choix du lieu de vaccination na pas été
lobjet dun compromis entre les populations et le ministère
de la santé publique (cas du centre de santé de Saguia ).
Elles évoquent quelque fois aussi le mauvais accueil que le personnel
leur réserve ; ou le fait qu'il s'agit d'un homme à qui elles
ne veulent pas sadresser ( intégristeme religieux).
Quelques fois les femmes ny vont pas car elles se disent quelles
ne trouveront pas dinfirmier vu la mobilité et labsentéisme
très fréquents du personnel dans cette zone.
Souvent les mères se passent des informations sur base de rumeurs ou
de mauvaise réputation de nos agents de santé. (Cas des abcès
suites au BCG ).
LES PRESTATAIRES
L'ignorance
Comme on l a expliqué au niveau de la population, certaines causes
de cette sous-utilisation peuvent provenir des prestataires qui nont pas
souvent les compétences techniques nécessaires pour faire face
à ces activités à cause des lacunes de la formation de
base. Mais parfois ils ne pensent pas à intégrer la vaccination
dans les autres activités par méconnaissance du calrendrier et
aussi par manque de supervisions régulières et de recyclage. Ces
failles observées peuvent être dues à une négligence
des responsables des services qui ne planifient pas ces activités ou
à une insuffisance de ressources financières.
Les capacités
Il manque de fiches techniques qui peuvent aider à une standardisation
des gestes à faire par les agents de santé au niveau des postes
de travail.
Le district III étant un service isolé de la ville ; il est aussi
confronté à un problème dinsuffisance de personnel
et surtout avec les interférences des niveaux régional et central
qui peuvent à tout moment procéder à une mutation des agents,
sans lavis des responsables du district.
Parfois le redéploiement du personnel pose des difficultés, car
très souvent les agents à cause de la proximité des deux
niveaux supérieurs et aussi de limplication à tort du syndicat
de la santé dans la gestion du personnel, refusent doccuper certaines
postes et on se retrouve avec des centres sans personnel suffisant. En conséquence,
certaines activités comme la vaccination ne se feront pas de façon
régulière et les mères se découragent à force
daller et de revenir pour rien.
Le personnel féminin pose également un autre problème :
cest que très souvent il y a des absences répétées
dues soit à des congés de maternité suivis de congés
administratifs ou même des petits repos par-ci par-là qui font
que le personnel n'est pas permanent au niveau des postes et tout ceci décourage
les mères qui ont dautres occupations que de faire des va et vient
pour des soins dont elles ne sont même pas sûres de l'efficacité
car pour beaucoup de femmes : on fréquente un centre de soin seulement
quand il y a maladie.
La mobilité du personnel fait que très souvent des responsables
de centres de vaccination ne soient formés en gestion de chaîne
de froid et en technique vaccinale ce qui fait que
Certains responsables de service gèrent mal leurs ressources et oublient
très souvent de lancer leurs commandes à temps, il leurs arrive
très souvent de faire des ruptures de stocks.
Les attitudes
Actuellement la possibilité qui leur est offerte de travailler dans les
services privés non étatiques en dehors des heures officielles
de travail a entraîné des effets pervers car on remarque de plus
en plus que les agents de santé ne veulent pas appliquer les recommandations
car ils refusent de prendre le temps nécessaire découter
le malade afin de lui faire bénéficier de tous les soins intégrés.
En plus ils ne prennent pas le temps dexpliquer clairement les avantages
de la vaccination, le calendrier vaccinal et ce quil y a lieu de faire
pour avoir un statut "denfant complètement vacciné
" car ils estiment que la charge de travail est trop importante puisquils
veulent vite finir et aller travailler dans les services privés pour
arrondir les fins de mois. Car selon eux les salaires dans le service public
sont bas et insignifiants. De plus ces salaires sont payés de façon
irrégulière.
Enfin, les textes législatifs qui régissent le fonctionnement
des services de santé nont pas prévu accorder des primes
de motivation aux agents qui travaillent dans les districts sanitaires : (genre
ristournes pour améliorer la qualité et la production) ; tous
ces éléments concourent à la démotivation au mauvais
accueil réservé aux mères et aux grèves incessantes
auxquelles les responsables des services sont confrontés. Ce qui ne facilite
pas la tâche à léquipe cadre dans latteinte
de ces objectifs en matière de vaccination.
B. Les champs de force et d'intérêt
Les forces positives
Dans la recherche dune amélioration de la couverture vaccinale
dans le district sanitaire Niamey III je peux compter sur la communauté
en général particulièrement sur ses éléments
suivants :
Les forces négatives
Mais à côté de toutes ces forces positives qui peuvent uvrer
avec nous pour l atteinte de nos objectifs, il peut y avoir certaines
personnes comme les initiateurs de mauvaises rumeurs telles que :( le vaccin
antipolio est utilisé pour stériliser les petites filles puisque
la politique de planification familiale a échoué etc. ) qui peuvent
donc paraître comme des forces négatives dans notre contexte. Nous
devons donc par conséquent, réfléchir sur les stratégies
spécifiques à cette éventualité.