MÜLLER Johannes Peter
(1801 - 1858 )

Müller (Johannes Peter), physiologiste et anatomiste né à Coblence le 14 juillet 1801, mort à Berlin le 28 avril 1858. 

Fils d'ouvriers, il fut envoyé à dix-huit ans, par sa ville natale, à l'Université de Bonn, poury suivre les cours de médecine et d'histoire naturelle, fréquenta ensuite celle de Berlin, se fit recevoir en 1824 agrégé de physiologie et fut nommé en 1826 professeur à l'Université de Bonn, où il enseigna tour à tour l'anatomie comparée, la pathologie générale, la physiologie.

En 1833, il succéda à Rudolphi comme professeur d'anatomie et de physiologie à l'Universitéde Berlin. Il conserva cette chaire jusqu'à sa mort. 

Müller n'a pas seulement exercé comme professeur une influence considérable sur les progrès des sciences médicales en formant toute une pépinière d'anatomistes et de physiologistes célèbres : Bischoff, Schwann, Henle, Koelliker, Du Bois-Reymond, Virchow, etc.; il a lui-même puissamment contribué, comme savant, à reculer les limites de ces sciences en produisant une série d'admirables travaux, qui ont eu tout de suite leur place marquée dans l'histoire de la médecine et qui ont rangé leur auteur parmi les plus illustres physiologistes de l'Allemagne.

Il a aussi été, avec Owen, l'un des créateurs de l'anatomie comparée. Ses deux premiers écrits de réelle importance sont contemporains de sa première année de professorat et ont pour titres : Zur vergleichenden Physiologie des Gesichtssinns des Menschen und der Thiere (Leipzig,1826); Ueber die phantastischen Gesichtserscheinungen (Coblence,1826). Müller y expose, après une description détaillée de la structure de l'oeil et en s'appuyant sur une abondance de faits prodigieuse, toute une théorie nouvelle de la vision; elle repose sur cette idée primordiale que la lumière et les images colorées sont produites, dans les visions objective et subjective, par l'organe même de la vue et elle devait amener leur auteur à formuler plus tard une théorie générale de la sensation, basée sur l'activité propre de chacun des organes des sens.

Müller donna ensuite : Ueber die feinere Struktur und Entwickelungsgesehichte der Drüsen (Leipzig, 1830). Puis il se livra à une série de recherches expérimentales sur le mode de formation du mésentère et des épiploons, sur le développement des organes génitaux chez l'homme (en embryologie, les " canaux de Müller " sont àl'origine des trompes et de l'utérus) et chez les principaux vertébrés, sur les organes de sécrétion (De glandularum secerneniium structura, etc.), sur la composition du sang, sur la lymphe.


En 1833, il fit paraître la première partie de son principal ouvrage : Handbuch der Physiologie des Menschen für Vorlesungen (Coblence, 1833-40, 2 vol.; 4e éd.,1841-44; trad. franç. par Jourdan, 1831, in-8), livre fondamental,où l'ensemble des phénomènes de la vie se trouve embrasséde façon magistrale et qui a eu un vif succès.

Ce fut, du reste, la dernière oeuvre dephysiologie de J. Müller. A partir de 1840, il se consacra à peuprès exclusivement à l'anatomie comparée et à la zoologie, et il a été peut-être, après Cuvier et Meckel, le savant qui a publié le plus grand nombre d'observations anatomiques. Elles se trouvent insérées dans les mémoires de l'Académie des sciences de Berlin et dans les Archiv für Anatomie, Physiologie und wissenschaftliche Medizin, dont il avait pris la direction en 1834, après la mort de Meckel, et dont il fit le recueil le plus remarquable de l'Allemagne en la matière.

  

 

Handbuch der Physiologie des Menschen, 2 vol., 1833-1840.

Manuel de physiologie (trad. franç.), Paris, Baillière, 1845.




Extrait de l'EncyclopédieImago Mundi