Dominique Claus (1942 -1993)

Radiologie pédiatrique

IN MEMORIAM


in BIC ní 53 - septembre 1993

Sans faire de bruit, entouré de sa famille et de ses amis, le Pr Dominique Claus s'en est allé comme il était venu : à petits pas. Évoquer sa mémoire, c'est l'identifier au courage, à la sérénité et au service.

Le courage qu'il a manifesté tout au long de sa maladie force l'admiration. Quand on évoquait devant lui son absence de révolte, il rétorquait. "Pourquoi me révolter? J'ai vécu 50 ans de bonheur." Il était de ceux qui ajoutait de la vie aux années, qui était plus intéressé par la qualité de l'existence que par sa quantité.

La sérénité qu'il affichait devant les événements du quotidien faisait partie de sa manière d'être au monde. Il n'y avait jamais d'excès dans ses paroles : les choses n'étaient pour lui ni dramatiques, ni extraordinaires, elles étaient à leur juste place. Cet esprit serein, il était parvenu à le communiquer à toute une équipe de médecins et d'infirmières et cela se percevait immédiatement : il suffisait de pousser la porte de la radiologie pédiatrique pour en être convaincu.

Le service qui se doublait chez lui d'une rare compétence - était sa façon de vivre au quotidien son idéal médical. Très présent dans son unité, il supervisait tous les examens et en réalisait personnellement un grand nombre. Il n'hésitait pas à décrocher le téléphone et à discuter une indication pour mieux orienter une mise au point. L'enfant malade était son seul critère de jugement et il le respectait envers et contre tout. Un des enfants qu'il avait radiographié à de nombreuse reprises l'avait surnommé "le Sphinx" et cela l'avait fait sourire.

Disponible de jour comme de nuit, le Pr D. Claus était effectivement secret et ne se confiait que rarement. Il a creusé un sillon si profond de dévouement à ses patients, de modestie devant la maladie et de convivialité avec ses collègues qu'il faudrait être aveugle pour ne pas le suivre. Ses patients et leurs parents l'appelaient tout simplement le "Dr Claus": n'est-ce pas le plus beau compliment? C'est en tout cas le seul qu'il acceptait.


Le Pr P. Bodart écrit ...

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