Dans quatre articles publiés sous le titre " La Faculté de Médecine de Louvain " parus dans la Revue Médicale de Louvain  en 1942 ; nº 11 p. 173 à 176 ; nº 12 p. 191 à 192 ; nº 13 p. 204 à 208 ; nº 14 p. 220 à 224, le Pr Richard Bruynoghe (1881 - 1957) dresse la liste des professeurs qui se sont succédé dans diverses chaires d'enseignement depuis la restauration de l'Université en 1834, après une fermeture de 37 ans.
D'abord installée à Malines, elle est transférée à Louvain en décembre1835.
Ces données permettent de retracer la séquence des titulaires de quelques chaires cliniques qui précède le dernier demi-siècle.

LA FACULTÉ DE MÉDECINEDE LOUVAIN (p. 173 - 176)


Un collègue de l'Université de Gand m'ayant demandé de lui fournir quelques renseignements concernant les titulaires successifs de la chaire de médecine légale, j'ai fait quelques recherches pour donner suite à sa demande. En parcourant la bibliographie de l'Université, il m'a semblé d'un certain intérêt de dresser la liste des professeurs qui se sont succédés dans les diverses chaires depuis la restauration de l'Université en 1834. Sans doute, quelques-uns de nos plus anciens abonnés et lecteurs auront entendu au cours de leurs études les noms des premiers professeurs, mais le plus grand nombre n'en auront jamais entendu parler et les quelques renseignements de cet aperçu ne seront peut-être pas dénués d'intérêt pour eux.

Nous commençons notre liste par les titulaires de la chaire d'anatomie. Windischmann Ch., né à Asschaffenbourg (Bavière) en 1807, enseigna l'anatomie de 1836 à 1839. Il mourut très jeune en 1839.

Schwann Théod., né à Neuss (Prusse) en 1810, lui succéda. En 1848, il démissionna pour aller enseigner la même matière à l'Universitéde Liége.
La membrane entourant la myéline des filets nerveux fut décrite par lui et porte son nom (membrane de Schwann).
Il établit le premier par des expériences executées dans les laboratoires de notre Université l'impuissance de l'air à provoquer seul la décomposition putride.
Le premier aussi il a enoncé la corrélation qui existe entre la fermentation alcoolique et le développement de la levure. Mais la haute signification de ses ingénieuses observations resta incomprise et ce n'est que beaucoup plus tard que Pasteur arriva a renverser définitivement l'antique théorie de la génération spontanée et à y substituer la féconde doctrine de lanature animée des agents de contamination et de f ermentation.

Van Kempen Etienne , né à Diest en 1814, reprit l'enseignement de l'anatomie après le départ de Schwann et il fut durant plus de vingt-cinq ans le titulaire de cette chaire — mort en 1893.
Il publia en 1854 un manuel d'anatomie générale et d'anatomie descriptive qui eut plusieurs éditions et qui lui valut le prix quinquennal des sciences médicales.

Van Gehuchten Arth., né àAnvers en 1861, fut chargé en 1895 de l'enseignement de l'anatomie, enseignement qu'il reprit en réalité de Ch. Ledresseur, lequel, titulaire du cours d'anatomie des régions, avait durant quelques années enseignéaussi l'anatomie descriptive.
L'oeuvre de Arth. Van Gehucbten est si vaste qu'il n'est pas possible d'en décrire l'ampleur dans ces quelques lignes. Tous les médecins de 1889 à 1914 se souviennent du brillant enseignement de ce maître qui illustra, à l'exemple d'un Vésale, la chaire d'anatomie de notre Université.

Par ses travaux sur le système nerveux et plus tard par sespublications et son enseignement des maladies nerveuses il acquit une réputation mondiale. Lors de la manifestation organisée en son honneur en 1912, le Prof. Masoin put dire pour qualifier l'oeuvre du jubilaire :

"Alors aussi, par un juste retour, votre nom s'est répandu dans le monde savant ; certains de vos ouvrages sont devenus classiques jusqu'au delà de l'Océan ;  vous avez brillé dans les assises périodiques de la médecine depuis Madrid jusqu'à Moscou ; des Universités étrangères ont réclamé et entendu votre parole lumineuse et féconde comme à l'époque où notre grand Vésale, le plus illustre de vos prédécesseurs, s'en allait porter loin d'ici les révélations de son génie avec la gloire du nom Belge ; les sociétés savantes à l'étranger ont inscrit avec empressement votre nom dans leurs listes d'or, tandis qu'en Belgique vous remportiez la palme enviée du prix quinquennal pour les sciences médicales ; dans le même temps, notre Académie royale de médecine vous ouvrait largement ses portes, et vraiment elle ne put que se féliciter de s'être montrée si hospitalière pour vous : que de fois, dans un silence religieux, debout à sa tribune, vous l'avez tenue sous le charme devotre parole bien française, correcte et précise, en lui révélant les vérités nouvelles dont votre sagacité avait sudéchirer les voiles".

Nelis Ch., né à Bruges en 1875, reprit après la guerre 1914- 1918 la chaire de son glorieux prédécesseur et il y enseigna brillamment dans les deux langues.

Comme il l'écrit lui-même dans la notice biographiquede son maître, le professeur Arth. Van Gehuchten a pris une parttelle dans l'étude du système nerveux que son nom se trouvesur tous les poteaux indicateurs guidant les chercheurs dans les carrefours des investigations entreprises sur le système nerveux normal et pathologique. Seul le système nerveux sympathique n'avait guère fait l'objet de recherches suivies et c'est ce qui engagea Ch. Nelis à en aborder l'étude.

Il fit connaître les premiers résultats de ses investigations mais ne put les mener à leur terme à cause de la difficulté et de la complexicité du terrain à explorer. Il existe tant de questions qui nécessitent plusieurs vies humaines pour être solutionnées et le système nerveux sympathique est de ce nombre.


En 1935, la chaire d'anatomie fut confiée aux titulaires en fonction, les professeurs Van Campenhout et Vanderschueren, l'un pour l'enseignement du régime français, l'autre pour celui du régime flamand.

Depuis que le professeur Havet a obtenu l'éméritat (1936), P. Lacroix a repris une partie des cours donnés par le professeur Van Campenhout afin de permettre àce dernier d'enseigner en outre l'embryologie et l'histologie.

Pour compléter l'aperçu des titulaires des chaires de la candidature, nous ajoutons encore qu' Em. Venneman fut ie premier titulaire du cours d'histologie, chaire qui, après son décès, fut reprise par le professeur Havet et qui passa à son tour respectivement au professeur Van Campenhout dans le régime français et au professeur Brusselmans dans le régime flamand.

Dr. R. BRUYNOGHE.

(A suivre).

LA FACULTÉ DE MÉDECINEDE LOUVAIN (suite) (p. 191 - 192)


Notre aperçu concernant les titulaires de la chaire de physiologie est beaucoup plus bref parce que les premiers titulaires n'eurent pas de laboratoire à leur disposition et que, de ce chef, leurs contributions au progrès de cette science ne purent égaler celles réalisées par les professeurs des sciences morphologiques et ensuite parce que les premiers titulaires au moins eurent le bonheur de faire une longue carrière professorale.

Le premier titulaire de la chaire de physiologie fut
Van Biervliet Louis, né à lseghem en 1802, nommé professeur en 1835 et décédé en 1868.
Il enseigna, en dehors de la physiologie, la pathologie générale.

Masoin Em.,né à Virton en 1844, lui succéda et de nombreuses générations de médecins ont suivi ses magistrales leçons. On lui doit de nombreuses publications traitant les unes de la physiologie, les autres de la médecine mentale et de la medecîne sociale.

Il fit quelques recherches expérimentales pour élucider la physiologie des nerfs pneumogastriques de même qu'il tenta de produire artificiellement l'atrophie congénitale de la rate chez les animaux de laboratoire. Il fut durant nombre d'années le secrétaire de l'Academîe royale de médecine et son souvenir est resté vivace dans cette compagnie.

A partir de 1878, la chimie physiologique fut détachée du cours de physiologie et confiée à un titulaire spécialisé. Bruylants Gust., né à Louvain en 1850. Il enseigna de 1878 à 1908 la chimie physiologique.

Ses nombreuses publications se rapportent pour la plupart àla chimie et sont de ce fait moins connues par les médecins. Ajoutons toutefois que son nom est encore souvent rappelé à propos des méthodes d'analyse et à propos d'expertises dans les intoxications et empoisonnements. Devenu émérite en 1919, il est décédé en 1925.

En 1908, il avait cédé l'enseignement de la chimie physiologique au titulaire en fonction, le professeur
Malengreau Fern., né à Saint-Chislain en 1880. Depuis 1925, cette matière est enseignée en langue flamande par le professeur Putzeys, né à Tirlemont en 1897.

En 1912, Noyons A., né à Utrecht en 1878, succéda au professeur Masoin ; il fit construire àLouvain un institut de physiologie modèle qui fut et reste l'objet de l'admiration des savants belges et des étrangers.
Il pourvut ses laboratoires d'un outillage perfectionné et certains appareils de son invention (le calorimètre entre autres) permirent de résoudre des problèmes qui étaient inabordés avant.
En 1927, il quitta l'Université de Louvain pour reprendre à Utrecht la chaire de son maître le professeur Zwaardemaker.

Le professeur J. Bouckaert, né àOstende en 1896. fut chargé en 1927 de lui succéder. Il sut par ses recherches personnelles et par celles de ses élèves faire de ce bel Institut un important centre scientifique.

Ajoutons encore que depuis 1937 le professeur Jean Colle donne l'enseignement de la physiologie des sens.
Depuis 1912. la physiologie est enseignée dans les deux langues, d'abord par le professeur A. Noyons et, depuis son départ, par les deux titulaires en fonction.

N.D.L.R.: Dans un article publié dans Louvain Médical en 1975, J Bouckaert raconte l'histoire de l'évolution de la physiologie en général et à l'UCL en particulier.

R. BRUYNOGHE.

(A suivre).

LA FACULTÉ DE MÉDECINEDE LOUVAIN (suite) (p. 204 - 208)


Avec le recul des années, il est un peu plus difficile de dresser la liste des professeurs qui ont occupé les diverses chaires du doctorat, parce que par le passé, comme cela se fait d'ailleurs encore actuellement, les professeurs ont au cours de leur carrière assez souvent changéde chaires.
Ces changements s'expliquent du fait que certains enseignements les préparent à d'autres.

Van Esschen Pierre,né à Bruxelles en 1805, enseigna de 1836 à 1838 lapathologie et la thérapeutique des maladies internes. Malgréqu'il mourut très jeune. il fut chargé de la direction d'un journal médical de l'époque L'observateur médical belge, et y publia entre autres en 1834 un travail relatif aux maladies épidémiques et à la contagion.
En 1833, il avait fait paraître un volumineux mémoire(180 pages) sur le choléra asiatique qui venait d'envahir notrepays.

Le second titulaire de cette chaire fut François Victor, né à Lille en 1790, et nommé professeur en 1838. Il a enseigné jusqu'en 1868 la pathologie et la thérapeutique des maladies internes ainsi que la médecine légale.
Sa bibliographie comporte un certain nombre d'observations publiées dans les journaux médicaux de l'époque ainsi qu'une série de notes parues dans le Bulletin de l'Académie royale de médecine de Belgique. Nous citons au hasard parmi ces dernières des notes relatives à l'anémie des mineurs et une autre sur la pellagre.

Hayoit de Termicourt Emile, né àQuiévrain en 1832, lui a succédé avec charge d'enseigner les mêmes matières. Il mit ses leçons à la hauteur des derniers progrès et son cours fut pendant nombre d'années comme un évangile médical pour les générations de médecins qui avaient suivi ses leçons.
Ses succès médicaux furent sans égal et peu de médecins ont vu autant de malades que lui. Sa bonté, son activitéet sa perspicacité le firent pénétrer comme consultant dans toutes les classes de la société, à la Cour royale comme dans les demeures du simple ouvrier.
Il mourut en 1906, après une carrière médicale bien remplie.

Alb. Lemaire
qui, comme successeur du professeur Ledresseur, avait enseigné depuis 1901 l'hygiène, reprit le cours de pathologie interne avec Arth. Van Gehuchten qui fut chargé de l'enseignement de la neurologie. En 1911, il alla occuper la chaire de la clinique médicale en remplacement du professeur Verriest devenu émérite.

La pathologie interne passa en 1911 au professeur Maldague et après la mort de notre très regrettécollègue Lemaire au professeur P. Lambin .
La pathologie interne est enseignée en langue flamande depuis 1931, d'abord par le professeur Van Goidsenhoven et depuis 1933 par leprofesseur J. Hoet, le professeur Van Goidsenhovendonnant depuis cette date l'enseignement clinique.

Le premier titulaire de la clinique internefut le professeur Craninx Pierre, né àLouvain en 1805. D'abord professeur à l'Université de l'Etat (1829), il fut nommé professeur à l'Université rénovée en 1835. Il mourut en 1890.
Il fut membre de l'Académie de médecine, y intervintà diverses reprises dans les discussions relatives à la prophylaxie des maladies contagieuses.
De nos jours, les pilules Craninx sont encore connues et recommandées dans le traitement des bronchites chroniques.

Verriest Gustave, né à Deerlijk en 1843 lui succéda en 1876. Il fut le professeur qui rénova l'enseignement clinique en ce sens qu'il fit abandonner les vieilles méthodes de traitement, qu'il introduisit les nouveaux perfectionnements des méthodes de diagnostic. En d'autres mots, il introduisit en clinique les notionsfournies par l'anatomie pathologique et par la physiologie et les maladesétaient examinés et suivis du point de vue de la physiologiepathologique, méthode qui s'est rapidement répandue dans lesautres centres d'enseignement et qui est encore à la base de l'enseignementactuel.
De son école sont sortis les professeurs qui ont modernisé les autres branches, notamment J. Denys pour l'anatomie pathologique et la bactériologie, M. Ide pour la pharmacodynamie et la thérapeutique, Alb. Lemaire pour la propédeutique, et plus tard pour l'enseignement clinique. En 1911, il prit, après une carrière bien remplie, l'éméritat et il eut comme successeur Alb. Lemaire qui, à son tour, réalisa dans cet enseignement des améliorations considérables .
Nous jugeons superflu de rappeler cette carrière. Son oeuvre est connue par le corps médical et sa mort trop précoce fut pour notre Faculté et pour la science une perte dont on sent encore les effets. Il nous a quittés en 1933, beaucoup trop tôt, en pleine maturité de sa pensée, en plein travail, alors que tantde si belles moissons étaient encore à espérer de sagrande activité.

M. Maldague a repris en 1933 cet enseignement et, comme nous l'avons déjà indiqué, à la même époque, on a confié l'enseignement clinique en flamand àun des meilleurs et des plus dévoués élèves du professeur Lemaire, au professeur Van Goidsenhoven.

Résumé schématique : 

Suite des chaires en pathologie interne
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Le premier titulaire de la chaire de pathologie chirurgicalefut Baud Jean, né à Rumilly (Savoie) en 1776, nommé professeur en 1836 et décédéen 1852.
Il avait soutenu l'an XII (1804) à l'école de médecine de Paris une thèse : "Considérations médicales sur le tétanos".

En 1840, Haan Pierre, né àRotterdam en 1811, lui succéda. Il publia en 1854 un abrégéde pathologie chirurgicale qui eut trois éditions et dont la dernière, faite en collaboration avec le professeur Noël, parut en 1876. Ilmourut en 1891.

Debaisieux Théoph., qui devait peu après succéder au baron Michaux dans l'enseignement de la clinique chirurgicale, donna durant quelques années la médecine opératoire et la pathologie chirurgicale. Il publia en 1883 un cours de pathologiechirurgicale en quatre volumes.

Son successeur fut Dandois Léopold, néà Mellet en 1853, qui, en 1885, fut chargé, en dehors de l'enseignement de la pathologie chirurgicale, de donner les cliniques spéciales.
Ayant achevé ses études au début de l'ère de la bactériologie, il fut d'emblée un propagandiste convaincu de l'antisepsie et de l'asepsie en chirurgie. En 1881, il fut lauréat au concours de l'enseignement supérieur avec un mémoire : " Du rôle des organismes inférieurs dans les complications des plaies " et en 1898 il fit paraître un volume : " Préceptes d'antisepsie chirurgicale ".
Il assura durant nombre d'années la direction de la Revue médicale et y publia à jet continu des articles très estimés par le corps médical.

En 1912, le professeur DebaisieuxGeorges, né à Louvain en 1882, lui succéda et en1919 le professeur De Mees Osc., né à Campenhouten 1885, reprit la chaire de pathologie chirurgicale lors de l'éméritat du professeur Dandois.
Depuis 1935 cet enseignement se donne aussi en langue flamande, d'abord par le professeur Appelmans, né à Lennick-Saint-Quentin en 1896, et ensuite par le professeur Lacquet Albert, né à Baelen en 1904.

La clinique chirurgicale eut comme titulaires successifs le baron Michaux, Debaisieux Théophile, Dandois Léopold et Debaisieux Georges.

Michaux Maximilien, né à Avennes (province de Liége) en 1808, nommé professeur en 1835, etdécédé en 1890, fut un des grands chirurgiens de sonépoque : il entreprit et mena à bonne fin les opérationsles plus graves, telles que par exemple la résection de la mâchoiresupérieure, l'enlèvement d'un polype cancéreux du pharynx,polype extirpé après ligature préalable du tronc carotidien,etc.
Quand on tient compte du fait que ces opérations devaient se faire sans anesthésie et avec une instrumentation pas comparable à celle dont les cliniques chirurgicales sont pourvues de nos jours, on peut se faire une idée des difficultés que ces interventions devaient comporter.

Debaisieux Théoph.,né à Mons en 1847, nommé professeur en 1872, succéda en 1885 au baron Michaux.
Il fut dans cet enseignement un rénovateur, à tel point que ses cliniques ont laissé chez tous ceux qui ont eu l'avantage de les suivre un excellent souvenir. Nous nous rappelons encore tous ce distingué maître qui, par sa parole éloquente, par son exposé clair et par la probité qui se dégageait de tousses actes, fascinait tous ses élèves.
Sa vie fut entièrement consacrée à la profession et au soulagement des souffrants et ce ne fut que lorsque sa santé ne permettait plus de se dévouer aux malades qu'il prit en 1912 quelque repos et encore celui-ci fut rapidement attristé par le sinistre de Louvain qui fit disparaître dans l'incendie tous les souvenirs qu'il avait accumulés dans sa demeure au cours de sa longue carrière.

En 1912, le professeur Dandois fut chargé de l'enseignementclinique, et en 1919 cette chaire passa au professeur G. Debaisieux qui,par ses belles leçons cliniques et par le succès de ses interventions, rappelle son père.
Depuis 1933, il y a aussi en langue flamande un enseignement clinique qui est assuré par le professeur R. Appelmans.

Résumé schématique : 

Suite des ttitulaires en chirurgie
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LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE LOUVAIN (suite et fin )(p. 220 - 224)

La chaire d'obstétrique n'a eu, depuis la restauration de l'Université, que trois titulaires : les deuxHubert et R. Schockaert.
Louis Hubert, né à Namur en 1810, a enseigné l'obstétrique depuis 1836 jusqu'en 1869, date à laquelle cet enseignement a été repris par son fils. Il est décédé en 1876.
Il fut membre de l'Académie de médecine et il publiadans son bulletin plusieurs mémoires qui firent connaîtreson nom à l'étranger.
Il obtint en 1871 le prix quinquennal des sciences médicales à la suite de la publication de son cours d'accouchements, publication qui fut faite avec la collaboration de son fils.

Hubert Eugène, né àLouvain en 1839, occupa la chaire d'obstétrique de 1869 à 1905. Il fit paraître plusieurs éditions du cours d'accouchements et publia en 1892 un traité de déontologie médicalequi connut un grand succès, tant par la valeur intrinsèquede l'ouvrage que par sa tenue littéraire.
On lui doit aussi le forceps à branches parallèles.

En 1905, le professeur R. Schockaert, néà Oordegem en 1875, lui succéda. La plupart de nos lecteurs ont été ses élèves et ils connaissent les améliorations qu'il a introduites dans cet enseignement.
Accoucheur expérimenté et chirurgien très adroit, il a acquis rapidement une réputation considérable et ila pu mettre de ce fait son savoir et ses talents au secours des maladesde tous les coins du pays et même de l'étranger.

Depuis 1933, l'obstétrique se donne en flamand par Joseph Schockaert qui, formé à la bonne école de son père, était passé dans plusieurs cliniques de l'étranger pour parfaire sa formation en obstétrique, en gynécologie et dans le domaine des recherches en rapport aveccet enseignement.

Résumé schématique : 

Suite des titulaires en obstetrique
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Le premier titulaire de la chaire d'ophtalmologiefut Hairion Frédéric, néà Beaumont en 1809. Nommé professeur en 1836, il est décédéen 1887.
Il était médecin de l'armée et, de ce fait, quelques unes de ses publications concernent les ophtalmies observées à l'armée. Il enseigna aussi l'hygiène.

Il eut comme successeur Noël Léon,né à Piéton en 1845, qui enseigna depuis 1872 jusqu'en 1877.

Nuel Jean, né à Tétange (Grand Duché de Luxembourg) en 1847, enseigna seulement durant trois ans à Louvain. En 1880, il démissionna pour occuper la même chaire à l'Université de Liége où il devint le collaborateur deLéon Fredericq. Il publia avec celui-ci le Manuel de physiologie qui a servi à tant de générations de médecins d'ouvrage pour s'initier à la physiologie humaine.

Venneman Emile, né à Zele en 1850, lui a succédé avec la charge d'enseigner l'ophtalmologie et l'histologie. Il acquit dans le pays comme à l'étranger de la réputation comme ophtalmologue et surtout par ses études anatomo-pathologiques des lésions oculaires.
Mort en 1906, il eut comme successeur Vanderstraeten Anatole, né à Néthen, qui enseigna jusqu'en 1936, année de son éméritat.

Depuis 1936, c'est Maurice Appelmans qui a repris cet enseignement.

La pharmacologie fut enseignée par Vrancken Jean, né a Louvain en 1805, nomméprofesseur en 1835 et décédé en 1871.

Il eut comme successeur Lefebvre Ferdinand, né à Ohey en 1821, qui enseigna la pathologie et la thérapeutique générales. Sa biographie comporte un grand nombre de publications traitant des questions médicales diverses, notamment de la pathogénie et de la prophylaxie du choléra, de la folie paralytique, de sonétiologie et de sa prophylaxie, de la prophylaxie des maladies contagieuses,etc.
Il écrivit aussi le livre de littérature Lettres posthumes d'un médecin, qui fut un succès littéraire et eut cinq éditions.

Sa chaire fut reprise en 1896 par Ide Manille, néà Wervicq en 1866.
Elève de G. Verriest, Ide s'adonna d'emblée aux recherches et durant nombre d'années son laboratoire fut le centre scientifique le plus productif de notre Université. Beaucoup d'élèves médecins firent dans son laboratoire leur travail pour le concours des bourses de voyage et c'est dans son laboratoire que les premières recherches relatives aux vitamines des cellules de levûre furent exécutées. Le bios de Wildiers qui fut au début un sujet très contesté, est devenu depuis que les études sur les vitamines sont en vogue, l'objet de recherches dans les grands laboratoires de chimie biologique.

L'enseignement de Ide était basé sur l'expérimentation et son manuel de pharmacodynamie, dont les éditions se sont succédées, a connu dans le pays et à l'étranger le plus grand succès.
Chaque médicament était examiné dans son action sur l'animal et l'homme et dans son effet dans les divers étatspathologiques.
Durant nombre d'années, M. Ide assuma la direction de la Revue médicale et ses articles de vulgarisation étaient très appréciés par le corps médical.

Depuis 1933, c'est-à-dire depuis son éméritat, André Simonart, né à Louvain en 1903, assume la charge de cet enseignement.



L'hygiène fut successivement enseignée par les professeurs Hairion, Ledresseur, Lemaire, Maldague et Bruynoghe. Cette chairen'a jamais eu de titulaire chargé exclusivement de cet enseignement. Hairion donna en outre l'ophthalmologie, Ledresseur l'anatomie et la polyclinique obstétricale, Lemaire la propédeutique et la polyclinique interne, Maldague la médecine légale et le cours de bactériologie pratique, Bruynoghe la bactériologie et la médecine légale.

La pathologie générale fut d'abord enseignée par le professeur Van Biervliet, dans la suite, successivement par les professeurs Lefebvre Ferd., Denys J., Ide Manille et Hoet Joseph. Dans cette chaire aussi, les professeurs eurent tous d'autres branchesà enseigner le professeur Van Biervliet la physiologie, le professeurLefebvre la thérapeutique, le professeur Denys l'anatomie pathologique et la bactériologie, Ide la pharmacodynamie, Hoet la pathologie interne et la propédeutique (régime flamand).

Denys J., né à Ruysselede en 1857, fut un des professeurs les plus réputés de notre Université. Il ne limita pas son activité à I'enseignement : par sesrecherches personnelles et celles de ses nombreux élèves,il fit de son laboratoire un des premiers centres scientifiques de l'Europeet dès le début de l'ère bactériologique sonnom était connu et respecté dans tous les centres de recherches.
Si les progrès scientifiques se réalisent pour la plupart lentement et progressivement par des apports limités, par des contributions qui, représentant en quelque sorte les pierres d'un monument en construction et en transformation, d'autres sont plus importants et peuvent être comparés aux grosses pierres de soutien du bâtiment.

Dans le grand nombre de travaux de l'Ecole de Denys, il y en a plusieurs qui eurent cette importance. Nous citons comme tels ses recherches sur la phagocytose et le mécanisme d'action des bactériotropines, ses travaux sur les leucocidines, etc.
En1920, il prit son éméritat et je devins son successeur.

En 1923, je cédais l'anatomie pathologique au professeur Maisin, beaucoup mieux préparé pour cet enseignementque je ne l'étais et je limitais ainsi ma charge à l'enseignementde l'hygiène, de la bactériologie et de la médecine légale.

Depuis 1941, mon fils Guy a repris une partie de mon enseignement, notamment la bactériologie (régime français) et la bactériologie pratique (dans les deux régimes). En 1930, l'anatomie pathologique fut aussi enseignée en langue flamande par le professeur Brusselmans Paul.

Enfin, ajoutons que la chaire de médecine légale eutpour titulaires successivement les professeurs François, Hayoitde Termicourt, J. Denys, L. Maldague et R. Bruynoghe.

Nous jugeons inutile d'envisager ici l'enseignement des spécialités. Ces chaires sont toutes de création si récente que la plupart ont encore leur premier titulaire.

D' R. BRUYNOGHE.

Ainsi Richard Bruynoghe ne mentionne pas certaines spédialités existant en 1942,

Dermatologie :

Aimé Morelle (1853-1928) fonda en 1919 la chaire autonome de dermatologie que Nestor Yernaux (1883 - émérite 1953 -1958) occupa après lui.

Oto-Rhino-Laryngologie :

En 1919, la chaire est créée et confiée à Louis Vanden Wildenberg (1878 - émérite 1948 - 1973).

Pédiatrie :

Louis Maldague (1879 - émérite 1948 -1952) fut un des premiers à donner un enseignement indépendant de la pédiatrie à Louvain en 1920.

Psychiatrie :

En 1919, Fernand d'Hollander (1878 - émérite 1950 - 1952) se voit confié la chaire de psychiatrie.

Radiologie :

Joseph Maisin (1883 - émérite 1964 - 1971) occupe la chaire de radiologie en plus de celle de cancérologie et d'anatomie-pathologique.

Stomatologie :

En 1905, Auguste Van Mosuenck (1875 - 1939) occupe lachaire de stomatologie. Léon Van de Vyver (1904 - émérite1970 - 1973) lui succède.