EPIDEMIOLOGIE

Il faut envisager la maladie thromboembolique sous ses aspects de thrombose veineuse et d'embolie pulmonaire comme une maladie unique car l'embolie pulmonaire survient dans près de 50% des thromboses veineuses profondes proximales, le plus souvent de manière asymptomatique. Elle constitue une maladie fréquente, entachée d'une mortalité, d'une morbidité et d'un coût économique majeurs. S'il l'on extrapole à la Belgique les données nord-américaines, on peut évaluer à 50000 le nombre annuel d'embolies pulmonaires dont 5000 mortelles. Le diagnostic constitue un défi permanent pour le praticien: dans une série de la Mayo Clinic, 2/3 des cas d'embolies pulmonaires vérifiées par autopsie n'avaient pas été diagnostiqués du vivant du malade et dans près de 80% des dossiers, aucune démarche diagnostique n'avait été entreprise du vivant du malade. Ces chiffres indiquent à quel point le diagnostic est souvent méconnu. De plus, 90 % des décès par embolie pulmonaire surviennent lors d'un épisode inaugural (figure 1). Cette dernière observation souligne l'importance d'une prophylaxie judicieuse. Bien évidemment, compte tenu du risque hémorragique de tout traitement anticoagulant, le diagnostic par excès est aussi redoutable que l'omission.

 


Figure 1

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