IV. HYGIENE HOTELIERE

A. Hygiène du linge

- Lire :

RECOMMANDATIONS du CONSEIL SUPERIEUR d' HYGIENE- 2005.


B. Hygiène de l'alimentation

1. Principes élémentaires de prévention des toxi-infections alimentaires

Les aliments qui entrent dans la cuisine contiennent tous des microbes saprophytes et bien souvent des microbes pathogènes et/ou des parasites. Echappent seuls à cette fatalité les aliments stérilisés en emballage étanche (conserves en boîte convenablement stérilisées et conditionnées).

Les microbes pathogènes et les parasites se trouvent dans les aliments, soit parce que ceux-ci proviennent d'animaux infectés (Brucella dans le lait, Salmonella dans les viandes ou les oeufs, taenias dans les viandes,...), soit parce que les aliments ont été secondairement contaminés par le milieu (sol, eau, air, surfaces de travail, appareils ou instruments), par d'autres aliments ou par les manipulateurs humains. Si les aliments sontmaintenus dans des conditions favorisant la prolifération de ces microbespathogènes, des infections ou des intoxications pourront se manifesterchez les consommateurs.

Les microbes saprophytes, omniprésents dans l'environnement, le sont aussi dans les aliments. Leur prolifération éventuelle conduira à la détérioration des aliments et à la perte de leur valeur nutritive sans nécessairement constituer un risque pourla santé des consommateurs, si toutefois ceux-ci sont bien portants. Il est constant néanmoins que certaines bactéries, généralement considérées comme peu ou pas pathogènes (Klebsiella, Enterobacter, Coliformes, Pseudomonas, Aeromonas) peuvent présenter un danger pour certains groupes à risque : jeunes enfants, vieillards, immunodéprimés, gastrectomisés, par exemple et d'une manière générale tous les patients dont la résistance est amoindrie par leur maladie.

C'est dire que les malades hospitalisés et les personnes âgées constituent un groupe particulièrement sensible aux infections transmises par les aliments et dues non seulement à des germes classiquement pathogènes,mais aussi à des microbes appelés maintenant pathogènesconditionnels ou opportunistes.

La pathologie infectieuse d'origine alimentaire relève de deux mécanismes pathogéniques distincts :

1) ou bien l'aliment introduit dans le tube digestif un microbe ou un parasite, qui prolifère dans l'organisme et y provoque une maladie infectieuse;

2) ou bien le microbe se multiplie dans l'aliment, y produit une toxine quidéclenche les symptômes pathologiques lors de l'ingestion del'aliment.

Le premier de ces mécanismes pathogéniques se retrouve dans la transmission alimentaire de la fièvre typhoïde et paratyphoïde, de la dysenterie bacillaire, du choléra, de layersiniose, de la campylobactériose, de la brucellose, de la tuberculose, de la fièvre Q, des hépatites virales A et E, de l'amibiase, de la toxoplasmose, des vers parasites tels que taenias, trichines, douves ou bothriocéphales.

Dans tous ces cas, c'est l'ingestion des microbes ou des parasites vivants, en nombre variable selon les espèces (et il faut savoir qu'il peut parfois être minime, de l'ordre de quelques unités), qui suffit à provoquer l'infection et éventuellement la maladie clinique. Il n'est pas nécessaire que l'agent pathogène se soit multiplié dans l'aliment; dans bien des cas, il en est incapable (virus par exemple).

Le deuxième mécanisme.
Escherichia coli entéro-toxinogène (ETEC) produit sa toxine in vivo (comme Vibro cholerae). Il est à mettre sur le même piedque le choléra.

Par contre, Clostridium botulinum, Staphylococcus aureus entero-toxinogène, Bacillus cereus, prolifèrent dans l'aliment et y produisent des toxines, dont l'ingestion provoque l'intoxication.
Dans ces cas, la multiplication du germe dans l'aliment, afin de permettre la production d'une dose critique de toxines, est nécessaire pour quela consommation de l'aliment conduise à des symptômes cliniques.

Les mécanismes pathogènes sont cependant intriqués:
1) Invasif (ex : Salmonella, Shigella)
2) Toxinogènes : ingestion du germe

- Toxine produite dans le tube digestif nécessaire.
(ex : Choléra, E. coli toxinogène )

- Toxine préformée dans l'aliment et ingestion de la toxine suffisante.
(ex : Staphylocoque, botulisme)

Il faut aussi introduire la notion de seuil à atteindre par les bactéries (souvent multiplication dans l'aliment) pour :

- soit que le germe puisse s'implanter dans le tube digestif et passer la barrière intestinale. Ce seuil est souvent plus bas pour les pathogènes humains spécialisés, par exemple : Salmonella typhi, Shigella ..., et plus élevé pour des germes non spécialisés souvent d'origine animale, comme par exemple : autres Salmonella, Yersinia, Campylobacter, ... (mais exception : Brucella, toxoplasme, ...)

- soit que le nombre de germes atteigne un niveau suffisant dans l'aliment pour y produire une quantité de toxine significative (staphylocoques).

Ainsi, l'aliment peut être contaminé :

- à la production - ex : germes d'origines animale : Salmonella, Yersinia,Campylobacter

- lors des manipulations de transformation (origine humaine ou contaminations croisées par d'autres aliments) ex : porteurs de staphylocoques.

Les mesures d'hygiène s'appliquent donc à trois niveaux :

- Elimination à la production (difficile ou parfois impossible)

- Hygiène lors des transformation et préparations (contre contaminationscroisées)

- Chaîne du froid (contre multiplication).




Les données épidémiologiques mettent en évidence la fréquence des toxi-infections alimentaires dans la restauration collective, que ce soit dans des restaurants proprement dits ou dans des cantines,des écoles, des hôpitaux et des institutions diverses M.R.S.- M.R.

C'est que la préparation d'un grand nombre de repas devant être prêts à servir dans un laps de temps court, impose des contraintes de travail, qui exposent à négliger les règles d'hygiène et de sécurité, néanmoins d'autant plus indispensables dans ce cas qu'une faute risque de rendre malades un grand nombre de personnes.

C'est pourquoi, il est nécessaire d'inculquer aux responsables et au personnel des cuisines collectives un petit nombre de principes de base.

1. S'assurer d'une bonne qualité sanitaire des aliments à l'achat, vérifiée périodiquement par des contrôles simples.

Plus l'aliment est contaminé au départ, plus il sera difficile de le décontaminer lors du traitement en cuisine et plus il risque de contaminer les locaux, les appareils et instruments, les mains du personnel et les aliments déjà cuits.

Cette précaution est d'autant plus impérieuse que des aliments malpropres ou dangereux contaminent la cuisine et son personnel et de ce faitrisquent de contaminer tous les plats qu'on y prépare. Ceci imposeaussi de séparer rigoureusement aliments crus et aliments cuits.

Pratiquement, il faut séparer : pommes de terre (Cl. perfringens), légumes, viandes (contrôlées) et volaille.

2. En dépit de toutes les précautions, les aliments contiendront toujours au départ un petit nombre de germes pathogènes ou potentiellement tels.

C'est ici que se situe, très précisément, le point critique: en effet, c'est de la manière dont l'aliment sera traité, qu'il dépendra que survienne ou non une toxi-infection alimentaire. Pour éviter celle-ci il sera nécessaire de détruire lesgerme pathogènes par un traitement approprié. Dans l'industrie, ce sera le rôle de la pasteurisation ou de la stérilisation etdans la cuisine, celui de la cuisson.

Celle-ci s'effectuera dans des conditions telles que la totalité del'aliment (en profondeur) soit exposée à une température de 80° C pendant au moins plusieurs secondes ou à 65° C pendantau moins 30 minutes.

Il faut se rappeler que ce traitement inactivera les formes non sporulées des bactéries, mais laissera subsister les spores, de Clostridium perfringens et de Clostridium botulinum notamment.
Ce traitement n'inactivera pas non plus les entérotoxines, notamment celle du staphylocoque, si l'aliment en contient.

La consommation d'aliments crus présente toujours un risque; celui-ci est considérable lorsqu'il s'agit de viande crue (Salmonella, taenia, toxoplasme) et des mollusques (fièvre typhoïde, Salmonella, hépatite virale A p.ex).

3. Il faut éviter absolument que l'aliment soit conservé dans des conditions qui favorisent la multiplication bactérienne.

Ces conditions sont :

- une teneur en eau de l'aliment de plus de 15 %, (il n'y a pas de multiplication bactérienne dans les aliments déshydratés, mais les bactériespeuvent y survivre); ex. poudres pour biberons.

- un pH supérieur à 4,5 (en dessous de celui-ci, les pathogènes ne se multiplient pas et ne produisent pas de toxine); (conservation dans le vinaigre).

- une température favorable : les pathogènes responsables destoxi-infections alimentaires peuvent se multiplier entre 5° et 50°C; plus précisément : Bien évidemment, la multiplication est d'autant plus rapide que la température est proche de l'optimum, en général 37° pour les bactéries pathogènes, mais 43°-47° pour Clostridiumperfringens.

On peut dire toutefois qu'à partir de 20° les pathogènes des toxi-infections alimentaires se multiplient et produisent des toxines en quelques heures.
A titre d'exemple, à 37° une seule bactérie, se divisant toutes les 20 minutes, donne naissance à plus de deux millions de descendantesen 7 heures.

Il faut donc absolument éviter de laisser séjourner les aliments à une température comprise entre 5 et 50.( danger des buffets "froids" où les aliments restent à température ambianteparfois pendant plusieurs heures) .

Les aliments seront conservés au frigo ou au congélateur. Lesaliments cuits, qui ne sont pas servis immédiatement seront refroidis rapidement dès la fin de la cuisson et placés au congélateur, s'ils doivent être conservés plusieurs heures.

Ils seront réchauffés rapidement par diathermie ou régénération thermique au moment de les servir. Lorsque le transport et la distribution de repas préparés nécessitent un certain temps, les repasfroids seront maintenus en dessous de 5° et les repas chauds au-dessusde 60°-65°.

4. Une source importante de contamination des aliments est la manipulation par le personnel affecté à la préparation et à la distribution des repas.

Il est donc important que ce personnel soit conscient des dangers qu'il risquede faire courir aux consommateurs, s'il néglige les règles del'hygiène personnelle : rôle des infections intestinales, cutanéeset des voies respiratoires supérieures dans la contamination des aliments,rôle des mains dans la transmission.
Une éducation simple, mais soigneuse, de ce personnel évitera beaucoup d'erreurs.

5. Il faut, enfin, éviter la contamination des aliments par le milieu : une propreté rigoureuse des locaux, des surfacesde travail, de l'appareillage et des instruments sera exigée et contrôléerégulièrement.

Les surfaces et tout le matériel de cuisine subiront un nettoyage approfondi après utilisation et en tout cas en fin de journée de travail.

Se rappeler à cet égard que les aliments crus introduisent dans les cuisines une flore indésirable, pathogènes compris. Il faut donc empêcher que s'installe dans la cuisine une flore microbienne dangereuse et que les aliments cuits ne soient recontaminés par contact direct ou indirect avec cette flore introduite par les aliments crus.

Ceux-ci seront donc séparés physiguement des aliments cuits, car la recontamination de ces derniers ne sera plus corrigée par untraitement thermique ultérieur.
Ainsi:

** séparer les aliments crus propres des aliments crus sales

** séparer les aliments cuits des aliments crus

2. A Lire


RECOMMANDATIONS du CONSEIL SUPERIEUR d'HYGIENE -1993

3. Conditions bactériologiques a respecter

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C. Déchets hospitaliers.

Des recommandations en matière de collecte interne des déchets hospitaliers ont été élaborées par le Conseil Supérieur d'Hygiène (2005).

L'évacuation de l'hôpital et le traitement des déchets relèvent d'une compétence régionale. Il faut, à cet effet, se conformer aux prescriptions et décrets des régions.
Nous ne reprenons ici que quelques principes de base.

1. Définition

Les déchets hospitaliers envisagés sont des déchets solides ou semi-solides qui sont produits par les établissements desoins et récoltés soit en vue d'une destruction dans l'établissement même (par exemple par incinérateur), soit en vue de leur évacuation.

Les déchets se répartissent en 3 catégories :

a) Les déchets de catégorie A (50 %) qui sont assimilables aux déchets ménagers :

1) les déchets hôteliers ou d'hébergement produits en dehors des zones d'hospitalisation et de soins;

2) les déchets de cuisine (préparation de repas) et des services de restauration collective du personnel;

3) les déchets provenant des activités des services administratifs et des magasins installés dans l'établissement;

4) les déchets de plantation;

5) les matériaux de construction et de démolition

b) Les déchets de catégories B (50 %) qui sont appelés à subir un traitement spécifique par incinération : déchets à risque infectieux potentiel, notamment :

1) les déchets de soins en provenance des unités de soins, des consultations et des services médico-techniques;

2) les déchets des repas en provenance des unités de soins;

3) les restes anatomiques;

4) les déchets de laboratoires;

5) les déchets d'abattage, de literie et les excréments des animaux de laboratoires.

Pour des raisons d'économie, on peut toutefois proposer la distinction entre des déchets B1 et B2.
B1 =
1) les déchets de soins en provenance des unités de soins etdes services médico-techniques sauf ceux considérés commeB2;

2) les déchets des repas en provenance des unités de soins;

B2 =
1) les déchets du Quartier Opératoire, du bloc d'Accouchement, de dialyse et les déchets de malades avec infections transmissibles par voie de contact;

3) les restes anatomiques;

4) les déchets de laboratoires;

5) les déchets d'abattage, de literie et les excréments des animaux de laboratoires.

Les déchets B2 subiront l'incinération dans des incinérateurs spéciaux (pas de grappin - laveur de fumée). Ils représentent 10 à 20 % des déchets totaux.

c) Les déchets de catégories C dont l'élimination relève de réglementations particulières :

- déchets toxiques, déchets radioactifs, déchets liquides;
- les médicaments non utilisés qui doivent retourner à la pharmacie.

2. Récolte

- Les déchets hospitaliers sont rassemblés là où ils sont produits, dans un récipient spécialement prévu à cet effet.

- Les déchets hospitaliers A et les déchets hospitaliers B sont récoltés dans des récipients rigides ou souples, fermés hermétiquement pour les déchets B.

Toutefois, les objets tranchants et piquants sont récoltés dans des récipients rigides, incassables et étanches, choisis dans un matériau le moins polluant possible à l'incinérateur.

- La couleur jaune est réservée à l'identification desrécipients destinés à recueillir les déchets B.

3. Transport interne

- Les déchets sont acheminés à partir du lieu de stockage vers le lieu central de collecte interne de l'établissement, au moins une fois par jour.
Ce lieu, maintenu frais, peut être un emplacement situé à l'extérieur du bâtiment mais il sera au moins grillagé, rendu inaccessible aux rongeurs et autres animaux et le sol sera lavable.

- Au moins toutes les 72 heures, ce lieu doit être vidé et nettoyéau moyen d'un produit désinfectant.
Chaque établissement veillera à la formation du personnel quitrie et manipule les déchets et désignera nominativement unresponsable du tri et de la gestion des déchets, suivant les directives du Comité d'Hygiène Hospitalière en la matière.

4. Evacuation

- Les déchets hospitaliers A sont traités conformément à la réglementation en vigueur.

- Les déchets hospitaliers B sont incinérés soit sur place, soit à l'extérieur.
S'il existe, l'incinérateur in situ fonctionnera en conformité avec la législation en vigueur et sera contrôlé annuellement par un organisme agréé.


Note : a. Restes anatomiques

1. Par restes anatomiques humains on entend :
- les foetus, placenta et membranes;
- les parties réséquées ou amputées.

2. Un foetus mort-né, dont la durée de gestation est inférieure à six mois (moins de 30 cm de long), ne doit pas être déclaré à l'état civil et ne reçoit pas de sépulture aucimetière communal. L'hôpital doit donc veiller lui-même à son évacuation, de la même manière que les déchetsanatomiques.

3. En aucun cas, les restes anatomiques ne seront évacués avecles déchets ménagers.

4. Les restes anatomiques peuvent être déposés dans desrécipients pour déchets contaminés et être incinérésdans l'établissement. Si cela s'avère impossible, les précautionsnécessaires doivent être prises pour que l'évacuationse déroule de manière adéquate.

5. Pour l'évacuation adéquate à l'extérieur del'hôpital, on dispose de deux possibilités :
- soit l'incinération dans un incinérateur pour déchets contaminés ou dans un four crématoire;
- soit l'enfouissement dans une partie d'un cimetière réservée à cet usage.
Il importe que l'hôpital conclue un accord de principe avec les services communaux responsables afin de garantir que l'incinération ou l'enfouissement se déroule suivant les us et coutumes.

b. Collecte des déchets de médicaments (p.m.)

c. Collecte et évacuation des déchets radioactifs (p.m.)
Ne concerne pas l'hygiène hospitalière.

BREFS RAPPELS :

1. assurer un premier emballage protecteur à l'endroit où l'on génère les déchets, donc placer aux diverspostes de travail des récipients adéquats, différenciés et identifiables;

2. pré-trier des déchets à ce premier niveau en différenciant les récipients de collecte selon le niveau de risque et parfois le traitement final;

3. choisir les sacs et emballages solides et imperméables, parfois souples, dans certains cas rigides, idéalement tous à usage unique;

4. identifier les déchets à hauts risques;

5. prévoir des locaux et des conditions de stockage adéquats au niveau des services respectifs;

6. disposer de chariots de transport réservés à ce seul usage; les nettoyer et les désinfecter journellement; les charger avec précaution;

7. respecter des circuits de transport et/ou des horaires qui évitent la contamination de matières propres;

8. disposer d'un local central d'entreposage des déchets, bien aéré, frais, facilement nettoyable;

9. informer le personnel chargé de ce travail et lui donner des directives précises;

10. fournir à ce personnel des vêtements adéquats et des gants de protection (sac hérissons !);

11. envisager les vaccinations appropriées contre le tétanos et l'hépatite B;

12. et enfin, convaincre l'ensemble des travailleurs hospitaliers de leur rôle à ce niveau dans le maintien de l'hygiène et leur sécurité à tous.

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D. La lutte contre les blattes

Le Professeur J. GILLET écrivait :

"La blatte appelée cancrelat ou cafard, est un insecte de l'ordre des orthoptères.
L'origine de ce vénérable arthropode remonte aux temps les plus reculés de l'ère primaire car on y retrouve ses traces fossilisées.

Il fut particulièrement abondant durant la période carbonifère que certains ont même appelé "âge du cafard". Notre cancrelatactuel a pratiquement la même morphologie que son ancêtre lointain;il a heureusement diminué en taille et en nombre.

Cette étonnante persistance à travers les ères géologiques successives, le cafard la doit d'abord à sa remarquable facilité d'adaptation alimentaire; omnivore, il s'accommode de tous les régimes. Sa minceur ainsi que l'excellente protection conférée par unecuirasse chitinisée couvrant la partie antérieure de son corps(écusson), ont permis à cet insecte de passer à traversles cataclysmes géologiques.

Enfin, les oeufs sont à même de surmonter des moments difficiles grâce à la solide enveloppe chitineuse qui les entoure. Toutes ces circonstances rendent difficile la lutte contre les cafards, bien que nous disposions actuellement de moyens plus efficaces; il en sera question plus loin."

1. Cycle biologique

Les oeufs se trouvent donc dans un étui fort résistant, l'oothèque, où ils sont disposés en une double rangée; leur nombre varie suivant l'espèce. Cet étui est d'abord porté parla femelle pendant une durée variable puis est déposé dans une fente inaccessible.

Cette solide enveloppe protège les oeufs de l'écrasement et les met à l'abri des gaz et aérosols toxiques. L'éclosion survient après un temps qui diffère avec les espèces et va de 14 à 60 jours, voire plus. Le stade larvaire peut ensuite durer de deux à six mois compte tenu de l'espèce, de la température ambiante et de la nourriture.

Viennent les mues nymphales successives (quatre ou plus) qui aboutissent à l'imago. Le cycle complet de croissance de la blatte, de l'oeuf àl'adulte, dure environ 1 an. Durant toute cette évolution, les larvescomme les nymphes ont la même structure générale queles adultes.

Les blattes peuvent former des colonies composées d'individus d'âges différents mais ayant les mêmes habitudes. Ces insectes de moeursnocturnes se cachent durant le jour (fentes derrière les plinthes, les chambranles; revêtements muraux, ...).
Ils recherchent les endroits humides et chauds où la nourriture est accessible; c'est le cas des cuisines, des magasins à vivres, ...

N.B. : Ils sont introduits dans les cuisines notamment par les emballages de transport contenant les boîtes de conserve par exemple.

2. Les espèces

On distingue quatre espèces de blattes : Blattella germanica, Blatta orientalis, Periplaneta americana et Periplaneta australasiae.

La Blattella germanica est la plus répandue dans les hôpitaux.
De couleur jaune foncé et mesurant 12 à 14 mm de longueur, c'est la plus petite des quatres espèces.

Cette blatte est largement répandue dans le monde; fréquentant les endroits bien chauffés (fournils, cuisines) ou lieux pourvus denourriture (placards, garde-manger), on les rencontre fréquemment dansles hôpitaux.

Les navires en sont régulièrement infestés. Cette petite blatte qui vole facilement au moindre dérangement, est particulièrement prolifique. L'oothèque formant étui que la femelle porte pendant environ 24 jours contient de 20 à 40 oeufs répartis en deux rangées.
A la température optimum de ± 20° C, cette espèce se multiplie tout au long de l'année; l'extension du chauffage central dans les habitations lui est particulièrement favorable.

3. Les nuisances occasionnées par les blattes

Les personnes qui ont vécu dans les pays chauds avant l'utilisation des insecticides synthétiques ont dû souvent composer avec cettevermine. Patton (1931) l'entomologiste anglais bien connu, voyageant surun navire côtier le long des rivages indiens, a dû dormir surle pont, sa cabine étant occupée en force par les cafards; dansce bateau surpeuplé de cancrelats, il règnait une odeur caractéristiqueprovenant de secrétions glandulaires de ces insectes.

Omnivores, les blattes s'attaquent non seulement à la nourriture maisaux vêtements souillés, aux reliures de livres; les aliments non consommés sont rendus inutilisables par leurs déjections et leur odeur. Les dégâts occasionnés peuvent être considérables.

Par ailleurs, dans les régions chaudes, les installations sanitaires sont le plus souvent constituées par des cabinets à fosse oùles blattes abondent. De retour dans l'habitation, elles pourraient contaminerles aliments par des germes intestinaux pathogènes.
De nos jours encore, les nuisances pourraient ne pas être exceptionnelles dans certains bidonvilles du tiers-monde; elles rendent plus insupportable encore le poids de la misère.

La situation est entièrement différente dans notre pays où l'ennui se réduit à un voisinage forcé avec un insecte répugnant. Nous pouvons cependant réduire cet inconvénient à une valeur proche de zéro.
Les moyens sont à notre disposition; encore faut-il vouloir les utiliser.

4. La lutte contre les blattes

Paraissant connaître le moindre recoin du terrain où il évolue et se terrant à la moindre alerte grâce à sa morphologie externe et à sa rapidité, le cafard est un rude adversaire qu'onparvient rarement à éliminer complètement; les oeufsbien protégés des chocs dans leur oothèque et àl'abri des produits toxiques sont à même de perpétuer l'espèce. De plus, dans les régions à climat favorable, le cafard peut fort bien s'adapter à une vie extérieure qui constitue pour l'espèce une sorte de réserve.

Pour maintenir l'ennemi à un niveau acceptable aussi proche que possible de zéro, il faut mener une lutte incessante; le cafard mettra à profit la moindre négligence pour reconstituer ses effectifs et repartir à l'attaque.

Cette vigilance sans faille a à sa disposition tout un arsenal de moyens.
Dans une action contre les cancrelats, on peut distinguer la phase offensive et son complément obligé, la phase défensive ou de maintien.

a. Phase offensive
Ce sont les insecticides synthétiques qui sont utilisés lors d'une offensive en règle contre les cafards.
Les insecticides chlorés dont le chef de file est le DDT, ont été abandonnés dans la lutte contre les blattes en raison de la résistance développée par certaines espèces et notamment par Blattella germanica.

Les carbamates et les phosphorés ont pris la relève. Parmi les plus utilisés contre les blattes et les moins dangereux - moyennant certaines précautions élémentaires - nous retiendrons d'une part un carbamate, le Propoxur (ex :Baygon) et un organophosphoré, le chloropyrifos (ex : Dursban) et d'autre part le Dichlorvos, organophosphoré à forte tension de vapeur (ex : Vapona).

Les deux premiers produits seront de préférence conditionnés en liquide (bombe aérosol). La poudre en effet s'applique malaisément derrière les plinthes, les chambranles; de plus, mobilisée pardes turbulences d'air, elle risque de se répandre dans l'atmosphère.

Par contre, la solution appliquée en aérosol peut être déposée dans les moindres recoins, le produit actif adhérant au support après l'évaporation du solvant.
L'étendue du traitement d'attaque avec un de ces deux produits dépendra de la distribution et surtout de la densité des blattes.

Il sera souvent possible de limiter l'application à certains endroits fortement infestés de cancrelats qui, outre la nourriture, recherchent la chaleur, l'humidité et la pénombre : les cuisines, les coinsà café, les resserres d'aliments.

D'autres endroits sont particulièrement appréciés, telsl'arrière et le dessous de frigo, de congélateur, étant donné la chaleur dégagée par le compresseur; citons encoreles armoires sous éviers de par l'obscurité et l'humidité qui y règnent.

Sauf forte infestation généralisée, on pourra donc secontenter d'applications ponctuelles aux points spécialement colonisés par les cafards.
Ceux-ci abondent souvent dans les cuisines et il faudra veiller tout spécialement à mettre les aliments à l'abri de tout contact avec l'insecticide. Le traitement des cuisines se fera tous les deux mois au moyen de Baygon.

Par ailleurs, le Dichlorvos, de par sa forte tension de vapeur, est intéressant dans le traitement des espaces confinés (placards sans nourriture, dessous d'éviers). Mélangé à une résine synthétique qui se solidifie ensuite, le produit se présente sous forme d'une bande rectangulaire d'aspect cireux (Vapona, Mafur).

La dimension de ce diffuseur (environ 20 cm x 6 cm) ayantété prévue pour permettre le traitement d'un local d'habitation,il y a lieu d'y découper des blocs (5 cm x 6 cm) qui seront déposer dans des armoires à traiter.
Le produit à mettre hors de portée des enfants doit être manipulé par mains gantées.

L'action insecticide se prolonge plusieurs mois. ( aussi actif contre les mouches...)

Pour le traitement des cuisines, on pourrait envisager le remplacement de l'insecticide par des jets d'eau chaude à 60°C.
La phase d'attaque bien conduite doit aboutir à une réduction suffisante du nombre des cancrelats permettant à la phase de maintien de prendre le relai.

b. Phase de maintien (c'est-à-dire entre les cures effectuées tous les 2 mois)

Elle sera appliquée partout sans défaillance durant toute lapériode d'occupation du bâtiment. Les moyens mis en oeuvre sontmoins spectaculaires mais permettent cependant le maintien de la vermine àun niveau très faible s'ils sont mis en place correctement et avecpersévérance.

En particulier des toutes les tisaneries ou cuisines relais des unités de soin, tous les aliments seront conservés dans des récipients rigides et fermés.

Durant la phase de maintien, il faudra combiner l'emploi de toxiques avec la pose de pièges tout en veillant à l'observance d'une stricte propreté de la part du personnel quelque soit sa catégorie.

Les poisons peuvent être utilisés soit sous forme d'appâts attractifs, soit sous forme de poudre toxique inerte dont l'insecte emporte avec lui (pattes, antennes, ...) des particules qui seront portées à la bouche lors de ses soins de toilette.

Pendant longtemps, on a utilisé des poisons violents, tels le fluorure de sodium, le fluosilicate de sodium, le cyanure de potassium. Ces toxiques représentent un risque pour les personnes et surtout pour les enfants, ils doivent être écartés.

Nous préférons y substituer l'acide borique sans danger pour l'homme. Remplaçant le borax employé auparavant dans le même but, l'acide borique s'avère plus efficace contre les cafards; certains auteurs estiment même qu'à long terme, l'acide borique fournit les mêmes performances que le chloropyrifos. Il est conditionné soit en appât toxique, soit sous forme de dépôts judicieusement répartis dans les endroits fréquentés par cette vermine.

L'appât est composé d'un mélange homogène et à parties égales, d'acide borique en poudre et de sucre impalpable pour patisserie; mangeant autant de sucre que d'acide borique, l'insecte reste sur le carreau.
On va devant un échec certain si on remplace la poudre de sucre par des cristaux : le cafard sélectionne les particules de sucre en laissant l'acide borique sur place. La poudre sucrée est distribuée surle pourtour des fonds d'armoires et de placards, le long des plinthes, àl'arrière des frigos, ...
Elle doit être remuée sinon remplacée au bout de quelques semaines.

Les dépôtsd'acide borique sont obtenus par tamponnement en partant du mélange suivant : 10 l d'eau et 100 ml desolution saturée d'acide borique.
Une serpillière très mouillée est passée le longdes plinthes, sur le fond des armoires notamment sous évier, derrièreet sous les meubles, les appareils; le même drap est exprimédans les fentes afin d'y faire pénétrer la solution boriquée.On estime que ce traitement est efficace pendant deux mois environ.

Les pièges.
Ils constituent une méthode d'appoint qui permet d'apprécier la densité d'une colonie de blattes et ainsi l'efficacité dela lutte entreprise. Si les cancrelats sont nombreux, les pièges correctementutilisés feront de brillantes captures; le rendement tombera àpeu de chose si les cafards sont peu nombreux, voire rares.

Le piège classique est constitué par un récipient, unverre le plus souvent, où on a placé une substance attractive (marcs humides de cafés, pelures de bananes, ...); le tout est fermé par un carton percé d'un trou central où s'adapte une pièce cônique à sommet tronqué dirigé vers le bas. Lescafards attirés par l'appât pénètre par cette entréesans retour.

Un autre modèle de piège est constitué par une petite boîte parallélipipédique en carton léger et percée d'une fente d'entrée sur chacun des petits côtés.
A mi-longueur, le périmètre intérieur est marqué par une large bande d'un produit fortement collant et contenant une substance attractive pour les cafards. Ceux-ci doivent normalement venir s'agglutiner sur cet anneau intérieur.

La collaboration du personnel doit permettre de mettre toute nourriture hors de portée des cafards. Il s'agit là d'une mesure essentielle au succès de l'entreprise. L'absence de coopération soit par indifférence, soit par relâchement de la vigilance, fait échec à toutes les mesures préconisées àla phase de maintien. Il s'ensuivra chez les cafards des véritables explosions démographiques épisodiques qui nécessiteront chaque fois l'application dispendieuse et urgente d'insecticide. Nous avons signalé les inconvénients de la répétition fréquente des désinsectisations avec le même produit.

C'est au Comité d'Hygiène Hospitalière que revient latâche de maintenir intacte la vigilance anti-cafards et de veiller àl'exécution des mesures indispensables.

En résumé :
- cuisines impeccablement propres

- pas d'aliments ouverts (tous dans des boîtes fermées hermétique ment)

- traitement tous les 2 mois (entreprise extérieure)

- occasionnellement pulvériser du Baygon.



REMARQUE : PSOQUE (famille psocoptères)
appelé couramment "poux de livres et du papier"

Description

Cet insecte aime les matières organiques (comme colle, cartons) et la moisissure qu'il trouve dans des milieux humides.
Il est importé dans les hôpitaux par le papier et les emballages en carton.
Il n'est pas parasite de l'homme et ne pique pas.

C'est un insecte sauteur.
Il supporte une variation de température de 15°C et dès lors, un moyen de s'en débarrasser est de réaliser des brusque delta t de > 15°C. De même, abaisser le taux hygrométrique de l'air est un moyen de lutter.

Une génération apparaît environ tous les 15 jours, lorsqu'il se trouve dans des conditions idéales.
A noter qu'actuellement, dans le Benelux, une recrudescence d'apparition est observée.

Cet insecte est sensible au propoxur (Baygon).

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