Numéro 60 : Les interviews de l’AMA-UCL

Eric Mievis.  La cardiologie et les planches
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Le docteur Mievis est chef du service de cardiologie à Saint Camille, à Namur.





Eric Mievis.  Non, au CHR (Centre Hospitalier régional) !

René Krémer.  C’est vrai.  Excuse-moi.  Mais, dans mon souvenir, c’est toujours Saint Camille parce que, étant étudiant en doctorat, j’accompagnais les tours de salle du docteur Antoine, l’interniste des années cinquante avant l’arrivée du docteur Körperich.  Il m’a appris les injections intraveineuses, très à la mode à l’époque : c’était le Salvarsan chez les syphilitiques, le calcium chez les tuberculeux et, chez les décompensés cardiaques, des ampoules de 20 cm² contenant de l’ouabaïne, un mercuriel, et du sérum glucosé hypertonique, je crois.  Le docteur Antoine était attentif à ses malades, gentil, mais ronchonneur.  Il prononçait toujours « dypsnée ».  Je me souviens avoir douté à l’époque et avoir vérifié dans le Larousse.
Quittons la préhistoire et venons-en à ta carrière.


E.M.  J’ai fait mes études secondaires au collège Saint-Pierre à Jette, après quoi je me suis orienté vers la médecine un peu par hasard.  En effet, lors de la dernière année d’humanités nous avions été conviés, comme c’est encore le cas actuellement, à une journée d’information à Louvain, pour nous aider à orienter notre carrière universitaire.  J’avais pris à l’époque plusieurs options, comme la philologie classique, le droit et les études d’ingénieur.  Il se fait que ce jour là je me suis trompé d’auditoire et je me suis retrouvé, un peu par hasard, dans la faculté de médecine où l’exposé avait déjà commencé.  Je me suis glissé au dernier rang et je me souviens avoir écouté avec beaucoup d’intérêt et d’attention l’orateur – dont j’ai malheureusement oublié le nom – qui m’a totalement convaincu de changer d’orientation.

Par la suite, j’ai eu la chance de pouvoir faire mes candidatures et mon doctorat à Leuven où l’ambiance était particulièrement agréable, malgré les tensions déjà perceptibles avec la communauté néerlandophone.  J’ai été diplômé en 1975, puis j’ai suivi la formation cardiologique classique à Mont-Godinne, ensuite à Ottignies dans le service du docteur Corbeel, qui a été un peu le pionnier de l’utilisation de la thrombolyse (massive) chez les patients admis pour un infarctus aigu.  Nous étions en 1976.

L’année suivante, à Herent, j’ai eu la chance de pouvoir être formé à la coronarographie par le docteur Cosijns dans un environnement particulièrement convivial.  Comme beaucoup de cardiologues louvanistes, j’ai passé une année à Genève, en 1978, à l’hôpital cantonal, chez le professeur Ruthishauser.  A cette époque, il y avait 10 assistants de cardiologie dans son service, la plupart étrangers.  Après une année chez mon ami Jacques Col à l’unité coronaire, j’ai eu l’opportunité de trouver une place à Bruxelles, à la clinique de l’Europe (anciennement Saint-Michel).  Assez rapidement toutefois, j’ai été contacté par Elisabeth Beauthier qui quittait la clinique Saint-Camille pour revenir à Bruxelles.  J’ai donc postulé pour la remplacer, en août 1980.

J’ai d’abord travaillé un certain temps à l’unité coronaire et ensuite en cardiologie, où le service était embryonnaire avec un seul appareil ECG mono canal.  Progressivement toutefois, et grâce au soutien du conseil médical et de la direction médicale, j’ai pu développer le service dont je m’occupe depuis près de trente ans actuellement.  J’ai eu la chance de trouver des collaborateurs non seulement compétents, mais également agréables à vivre (ce qui n’est pas toujours le cas …).  Le service comprend actuellement sept cardiologues, un certain nombre de consultants externes et nous pratiquons l’angioplastie coronaire et la chirurgie cardiaque depuis 1993, en partenariat avec d’autres hôpitaux.

R.K.  Voilà une occupation absorbante, plein temps et, malgré la pratique du sport, tu as eu des activités théâtrales importantes.  Comment l’idée du théâtre t’est-elle venue et depuis quand ?

E.M.  Dès la quatrième année, à 14 ans, j’ai pu jouer dans Les gaités de l’escadron  de Courteline au théâtre du marais à Bruxelles.  Ce n’était certes pas un rôle important mais un premier contact avec le rideau, les spectateurs, les coulisses…  Nous avons par la suite eu l’opportunité de jouer d’autres pièces, notamment des classiques comme En attendant Godot  (1).  Des spectacles ont également été donnés au collège, impliquant des élèves mais également des professeurs, chaque fois avec des décors somptueux. Notre professeur de diction faisait également participer des acteurs professionnels, amis à lui. C’est ainsi que nous avons joué Cyrano de Bergerac en rhétorique.

R.K.  Tu jouais ?

E.M.  Christian.

R.K.  Le beau Christian !

E.M.  Il n’a pas grand chose à dire.

R.K.  Il écoute la tirade nasale.

E.M.  Dite par notre metteur en scène.  Nous avons répété pendant quatre mois à raison de trois séances par semaines.  Les décors étaient superbes.  Nous étions une cinquantaine d’acteurs.  Il a fallu louer les costumes, faire appel à des maquilleuses.  A nos yeux, nous avions l’impression de participer à un spectacle grandiose.  Ensuite nous avons joué d’autres pièces avec les anciens de l’école : Le capitaine Fracasse (2) et également La cuisine, de Wesker (3), où il fallait reproduire l’ambiance survoltée de la cuisine d’un grand restaurant en plein coup de feu avec les plats qui se préparent, les coups de gueule, les moments d’énervement et les garçons qui entrent et qui sortent, qui n’arrêtent pas de claquer les portes, pièce particulièrement difficile à jouer.

A Leuven, en troisième et quatrième année de médecine, j’avais une chambre dans une maison communautaire à vocation culturelle (de l’œil nu), correspondant aux kots à projet actuels.  Nous avions chacun la responsabilité d’un secteur culturel : poésie, littérature, théâtre et variétés.  Jacqueline Liesse (4) était des nôtres.  Nous avions également une salle aménagée pour des spectacles de cabaret où des chanteurs francophones étaient le plus souvent invités.  Philippe Meire avait la responsabilité des activités théâtrales (5).  Moi personnellement, j’ai essayé de composer un recueil de poésie estudiantine, notamment avec la collaboration d’Yves Namur (6).

Par la suite, plongé dans la vie professionnelle, mes contacts avec le théâtre n’étaient plus ponctuels.  Nous allions toutefois assez régulièrement à Paris, en famille, assister à des représentations théâtrales, généralement des comédies de boulevard avec des acteurs connus comme Pierre Mondy, Michel Serrault ou Jacques Villeret.

A l’époque, je rencontrais assez régulièrement Thierry Muller et Jean-Paul Melchior à diverses occasions.  C’est ainsi qu’en 1995, lors d’un dîner à Bruxelles, l’idée nous est venue de jouer ensemble une pièce de théâtre.  Plusieurs d’entre nous étaient très intéressés par un tel projet, notamment l’épouse de Thierry Muller, Sarah, qui avait déjà fait du théâtre par ailleurs.  La décision était prise.  Un metteur en scène que je connaissais personnellement a été contacté.  Jean-Paul n’était pas très chaud au départ alors que maintenant je suis sûr que c’est devenu une drogue pour lui.  On a relevé le défi, sans évaluer réellement à sa juste valeur l’importance des problèmes que nous allions rencontrer : qu’il s’agisse du choix de la pièce, de l’endroit de la représentation et des répétitions, des problèmes avec la SABAM et également celui des décors.

R.K.  J’imagine.  Quand nous avons joué Knock, le principal obstacle était de trouver une voiture décapotable d’époque, dans chaque ville où nous allions.

E.M.  Il fallait faire le choix d’une pièce où chacun avait un rôle intéressant et dans lequel il pouvait s’épanouir.  Notre metteur en scène nous a certainement aidés dans cette démarche et la première pièce que nous avons jouée ne fût certainement pas la plus facile.  Il s’agissait de L’importance d’être constant, d’Oscar Wilde (7), avec des répliques toutes en nuance et empreintes d’humour british.

R.K.  En outre, il fallait adopter les attitudes, le parler et la façon de s’habiller des snobs de la gentry.

E.M.  Nous avons répété pendant de nombreux mois, près d’un an je crois.  Il a fallu trouver des endroits de répétitions qui conviennent à chacun, définir des jours dans la semaine, provisionner un certain nombre de frais pour le metteur en scène, les décors, la location des salles, les affiches et la publicité d’une manière générale.  Finalement, le succès fut au rendez-vous et à chaque représentation, nous dégagions un bénéfice que nous avions dès le départ décidé de distribuer à différents associations caritatives.

R.K.  Où avez-vous joué ?

E.M.  En différents endroits, notamment aux Centres Culturels d’Auderghem, d’Uccle, d’Ottignies, à Fleurus, à la Maison de la Culture de Namur et une fois au théâtre Royal de Namur pour l’association Télévie.

R.K.  Je vous ai vu à Martinrou, à Fleurus.

E.M.  Effectivement, nous avons joué à Fleurus, avec un public chaleureux et très proche de la scène, ce qui avait quelque chose de dérangeant au départ.  La première représentation a été pour nous particulièrement chargée d’émotion puisque cela a été notre premier contact avec le public.  A force de répéter, nous ne savions pas comment appréhender les réactions du public.  Nous avons été très surpris de les entendre rire et applaudir à l’occasion de certaines répliques qui nous semblaient devenues banales à force de les avoir répétées pendant un an.

R.K.  D’une fois à l’autre, le public se manifeste à des moments différents ?

E.M.  Absolument, c’est du reste très surprenant.  Mais aussi la confirmation que le public namurois est relativement posé et froid, alors qu’à Ottignies et dans la région de Liège, le public est nettement plus réceptif et chaleureux.  Au début, nous étions un peu surpris et faisions l’erreur de continuer à parler alors que le public riait ou applaudissait.  L’ambiance de la première représentation était euphorique.  Nous avions l’impression de participer à une sorte d’orgasme culturel.

R.K.  Collectif…

E.M.  C’était très convivial, propice à faire parfois la fête après la représentation.

R.K.  Vous avez poursuivi dans cette voie.  Quelles pièces avez-vous jouées ?

E.M.  La deuxième année, nous avons joué Je veux voir Mioussov, de Valentin Kataiev (1965), un vaudeville très connu, une satire de l’administration soviétique.  Les pièces étaient habituellement choisies par Sarah Muller et Marc Carlier.

R.K.  Encore un cardiologue.

E.M.  C’est pour ça que nous nous appelions du reste « la compagnie du cœur ».  Au début, la mise en scène était relativement sommaire.  Plus tard, un metteur en scène professionnel nous a rejoints et nous a permis de travailler nos personnages de manière plus subtile.  Le décor était également plus original, comme dans La tête des autres, de Marcel Aymé, et en 2000, « Le vison voyageur », le célèbre vaudeville de Ray Cooney et John Chapman, en anglais « Not now darling ».  Nous avons également joué à Nivelles et à Verviers.  Ce que je retiens dans cette aventure, c’est l’intérêt de jouer au théâtre, mais également l’incroyable solidarité qui nous réunissait, de l’amitié sans doute.

R.K.  La complicité.

E.M.  Elle était très forte et davantage encore que dans n’importe quelle discipline.  A partir de 2000, j’ai eu l’opportunité de faire de la politique et je me suis présenté aux élections communales à Namur.  J’ai été élu conseiller communal.  J’ai délaissé un peu le théâtre qui prenait beaucoup de temps.  Les répétitions devenaient beaucoup plus lourdes dans un agenda déjà chargé.  J’ai alors renoncé à « la compagnie du cœur » avec l’espoir peut être d’y revenir.  Mes amis et confrères de la compagnie ont continué à jouer et présentent actuellement une pièce de Ray Conney : Espèce menacée (8).
Je n’ai toutefois pas définitivement abandonné la scène.  Mon épouse ayant suivi les cours de l’Académie de théâtre à Verviers, j’ai eu l’occasion de jouer avec elle et des médecins généralistes et spécialistes de la région de Huy, une pièce de Carlo Goldoni, Les femmes de bonne humeur.

R.K.  Vous auriez pu jouer Les joyeuses commères de Windsor, avec Anne-Marie Lizin.

E.M.  J’ai également remplacé ponctuellement un acteur qui avait un problème de santé dans Quelle nuit et comme quoi, le goût théâtral est toujours présent, nous préparons actuellement avec une autre troupe une pièce qui s’appelle Secrétaires très particulières, d’Yves Durand, un auteur peu connu, avec d’autres cardiologues : Marc Vincent d’Ottignies et son épouse, Anne-Claire Gérardy de Waremme et Jacques Lallemand de Charleroi.  Nous avons la chance d’avoir un excellent metteur en scène.  Le nom de cette nouvelle troupe s’appelle « la compagnie globule », avec des représentations prévues à partir du mois de septembre.

R.K.  Et la politique ?

E.M.  Notre hôpital est une institution des pouvoirs publics, la province et la ville de Namur.  Elle est donc gérée par des politiciens.  C’est la raison pour laquelle nous sommes régulièrement en contact avec eux.
Par la suite, en 2000, j’ai été contacté pour faire partie d’une liste communale MR.

R.K.  Les globules était bleus.

E.M.  J’ai exercé un premier mandat de conseiller communal dans la majorité avec des socialistes, puis dans la majorité actuelle avec Ecolo et le CDH.

R.K.  Pourquoi t’es-tu engagé en politique ?

E.M.  Un peu par curiosité.  J’avais envie de savoir comment une ville comme Namur était gérée.  Quand tu pratiques la médecine toute une vie et rien que la médecine, je pense que tu passes inévitablement à côté de toute une série de choses.  J’avais envie de savoir comment le politique pouvait influencer une ville, une province, un pays, que ce soit au niveau culturel, l’aide aux personnes en difficultés, l’aménagement du territoire, la gestion des déchets, l’entretien des voiries, l’organisation d’évènements, la défense d’un patrimoine culturel…

R.K.  Ce qui m’interpelle toujours, c’est que les politiciens ne peuvent pas toujours dire ce qu’ils pensent, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition.  C’est un peu comme les avocats, qu’ils soient dans la défense ou l’accusation.

E.M.  Absolument, si l’on est dans l’opposition, les conseillers vont tout faire pour s’opposer aux projets de la majorité même si ceux-ci sont de qualité.  C’est le jeu politique, particulièrement vrai lors de la présentation du budget.  Cela se voit surtout en public, au conseil communal, parce qu’il y a des gens présents dans la salle et des journalistes.  Par ailleurs, quand on est dans la majorité et qu’on ne partage pas certains projets défendus par cette même majorité, on doit néanmoins la fermer et se plier aux exigences de son parti.  Ceci dit, lors des commissions qui servent à la préparation du conseil communal, l’ambiance est tout à fait différente et constructive.  On peut y débattre de tout, donner son avis personnel et, ensemble avec l’opposition, construire des projets qui seront présentés ensuite au conseil communal.  En marge des commissions, des mandats extérieurs sont également attribués.  C’est ainsi que j’ai fait partie du Centre culturel régional, qui s’occupe notamment de la gestion du théâtre de la ville ainsi que du conseil d’administration du Festival International du film francophone de l’année, un festival de renommée internationale.

Par la politique, je suis convaincu que j’ai pu rencontrer des gens très intéressants provenant de milieux divers qui te donnent certainement une ouverture d’esprit que tu ne peux pas avoir si tu te limites uniquement à la pratique médicale.  Je pense toutefois que je ne vais pas poursuivre ma carrière en politique, car je n’ai aucune ambition dans ce domaine.  Le mandat de conseiller communal est peu exigeant, il n’est pas « time consuming ».  Il en est tout autre d’un mandat d’échevin ou de député, totalement incompatible avec la pratique médicale.  On critique beaucoup les politiciens.

R.K.  Mais leur métier est aussi de critiquer.

E.M.  C’est un métier très difficile pour ceux qui exercent des mandats importants (présidents de parti, bourgmestre…).  Les heures ne sont pas comptées.  Ils sont sans cesse sollicités et vivent perpétuellement dans un climat de tension, même au niveau de leur propre parti.  Ce qui motive aussi les politiciens, c’est de pouvoir être dans la bonne majorité, de manière à pouvoir exercer l’un ou l’autre mandat rémunérateur.  Entre la rémunération d’un mandat de sénateur ou de député et celle d’un conseiller de l’opposition, il y a une différence énorme.  Ce qui n’est d’ailleurs pas logique.

R.K.  Tu as également été un sportif passionné.  Le football ?

E.M.  Oui, le football en plein air au début, ensuite en salle.  Généralement avec des confrères.  Nous avons participé en 1980 aux jeux mondiaux de la médecine avec une équipe de l’UCL dont faisait partie Robert Dion : un souvenir extraordinaire.  Actuellement, c’est plutôt le tennis et le golf, de même que la course à pied.  Contrairement à ce que l’on peut penser, le golf est un sport physique, il faut être en bonne condition pour faire un parcours de golf qui compte généralement 6 à 7 km.

R.K.  En terrain vallonné.

E.M.  Exactement.  De plus, on doit souvent récupérer des balles à gauche et à droite, dans les bois, ce qui ajoute des déplacements supplémentaires au parcours théorique de 6 km.  Après un parcours de 18 trous, on peut estimer que l’on s’est bien dépensé sur le plan physique.

R.K.  La compétition ?

E.M.  Non, pas vraiment.  Evidemment en golf, on espère atteindre un certain handicap.  L’handicap donne au golf une certaine originalité qu’on ne retrouve dans aucun autre sport.  Il s’agit d’un classement des joueurs comme il en existe au tennis.  Un bon joueur qui place la balle très rapidement dans le trou, en utilisant peu de coups pour le faire, a un handicap faible, souvent entre 0 et 10.  Par contre, les golfeurs débutants ou moyens doivent taper plusieurs fois la balle pour arriver jusqu’au green et placer la balle dans le trou.  Ils auront généralement un handicap supérieur, 36 par exemple, représentant le nombre de coups supplémentaires par rapport à la théorie et ce pour l’ensemble du parcours.

R.K.  Un message pour terminer ?

E.M.  Toi et moi, nous avons eu la chance d’avoir choisi un métier formidable, la médecine et en particulier la cardiologie qui s’est singularisée par l’incroyable développement qu’elle a connu au cours de ces 30 dernières années.  Les techniques échocardiographiques, les nouveaux traitements de l’hypertension et de la maladie coronarienne, le développement de la coronarographie, de l’angioplastie coronaire et de l’électrophysiologie interventionnelle, la prise en charge rapide de l’infarctus aigu sont autant d’éléments qui ont permis à la cardiologie de faire des progrès spectaculaires en un quart de siècle.  Toi et moi, nous avons eu la chance de vivre ces moments passionnants.  Le plus dur finalement a été de s’en détacher et de consacrer suffisamment de temps à autre chose, comme le théâtre et le sport, dans mon cas particulier, sans oublier l’essentiel, à savoir la vie de famille, son épouse et les enfants que l’on a malheureusement pas toujours eu le temps de voir grandir et c’est certainement mon principal regret.  C’est là aussi le message que j’aimerais donner pour terminer cette interview, c’est de dire aux jeunes qui commencent cette profession, qu’il leur faut trouver un juste équilibre en terme d’investissement personnel, entre la pratique médicale d’une part et leur vie privée d’autre part.

R.K. Voilà une vie bien remplie et des souvenirs accumulés, qui s’inscrivent dans les activités annexes des médecins, multiples et souvent d’excellente qualité.   Si l’équipe d’anciens de l’UCL avait l’intention d’écrire des souvenirs et des anecdotes de la compagnie du cœur, les colonnes d’AMA Contacts leur seraient accueillantes.

  1. Samuel Beckett.  En attendant Godot (1953) (Waiting for Godot).
  2. Théophile Gautier.  Le capitaine Fracasse (1863).
  3. Arnold Wesker.  La cuisine (1961) (The Kitchen).
  4. Jacqueline Liesse.  Journaliste à la RTBF.
  5. Philippe Meire.  Professeur de psychiatrie à l’UCL.
  6. Yves Namur poète et écrivain.  http :www.uclouveain.be/sites/ama-ucl/ rubrique « Activités de nos anciens ».
  7. Oscar Wilde.  Of the importance of being earnest (1893)
  8. Ray Cooney.  Espèce menacée (Funny money 1995)
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