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| La médecine
générale Dominique Pestiaux |
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Depuis de nombreuses années, la médecine générale
s’est définie comme spécialité à part entière,
a développé une recherche spécifique et un enseignement
qui prend aujourd’hui une place significative dans la formation médicale
de base. Par exemple, conscients de la nécessité de fonder
leur pratique clinique sur des bases scientifiques solides, les généralistes
ont, dans beaucoup de facultés, suscité le développement
de l’enseignement de la lecture critique et de l’EBM. Ce développement
de la recherche et de l’enseignement de la médecine générale
au sein des facultés de médecine devrait contribuer au choix
positif de cette spécialité, véritable défi pour
le futur. La variété et la complexité des tâches assumées par le médecin de famille, la conceptualisation de celles-ci dans un environnement proche du patient et la globalité de prise en charge des problèmes de santé sont au cœur de cette pratique. Des évolutions inévitables parallèles à celles de la société conduisent à de nombreuses publications évoquant la survie de la médecine générale. L’informatisation de la pratique, le travail en groupe et en réseau, l’interdisciplinarité et son corollaire indispensable, la subsidiarité ou délégation de tâches, l’approche structurée des maladies chroniques contribuent à ce renouveau. Le généraliste a une fonction de synthèse et de continuité des soins. Pourra-t-il encore l’assurer lorsque, en nombre insuffisant dans la communauté, il devra consacrer tout son temps à la gestion quotidienne des plaintes indifférenciées ? En cette époque où la qualité des soins est une priorité, la relation d’un patient avec son médecin dans la durée reste un moyen évident et prouvé d’assurer une qualité des soins optimale et une utilisation efficiente des outils diagnostiques et thérapeutiques aujourd’hui nombreux et… efficaces. Michel Serres écrit à ce sujet : «Un immense événement a déchiré l’histoire : le praticien soignait toujours, il guérit désormais souvent. Cette nouveauté, nous en mesurons encore mal les conséquences évolutives, psychologiques, sociales, politiques et anthropologiques. » La médecine générale qui répond avec efficience à plus de 80% des problèmes de santé de nos contemporains doit s’adapter à de nouvelles réalités et ceci constitue un défi passionnant pour un métier fascinant à bien des égards. Retour au sommaire
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